Coach interculturel

Lorsque je répond à la question : « quel est votre métier ? » Il m’est difficile de dire que je suis coach interculturel spécialisé sur la Russie. Et pourtant je suis ou je me considère comme un expert de la Russie. Par ailleurs je suis coach certifié. Enfin j’effectue des missions de coaching individuel et de coaching d’équipe. Le coaching d’équipe est parfois très proche du Team building. Bref je suis à l’aise avec l’expression coach interculturel en Russie.

Quelle est votre expérience de la Russie et de la zone russophone ?

Je suis arrivé en Russie au milieu des années 90. À l’époque, la Fédération de Russie n’attirait pas grand monde. Je me rappelle avoir pris le taxi pour rentrer d’une soirée à Saint-Pétersbourg. Le conducteur m’a expliqué qu’il devait faire un crochet. Je n’avais pas vraiment le choix. Il faisait nuit noire, et j’ai vu un camion-citerne au bout de l’avenue. Le taxi s’est garé à côté du camion. Le chauffeur du camion est descendu pour dérouler un tuyau et remplir le réservoir. C’était en 1995. Il y a maintenant de nombreuses stations-service, qui vous proposent de laver votre pare-brise et servent le carburant. Tout cela n’a pris que 15 ans !

Qu’est-ce qui vous caractérise en tant qu’expert de la Russie ?

Un des amis disait il y a quelques années à un recruteur (je l’avais proposé comme référence) « Marc est le seul expat que je connaisse qui passe ses vacances au fin fond de la Russie dans une datcha avec sa famille ». J’ai effectivement une épouse russe et trois garçons franco-russes, et j’apprécie toujours ces moments dépaysants en Russie. C’est en quelque sorte en Russie que j’ai effectué une partie de ma formation au management interculturel. Elle s’est structurée autour d’expériences vécues.

Depuis combien de temps travaillez-vous avec la Russie ?

Depuis 25 ans, je n’ai cessé d’habiter ou de faire des allers-retours. J’ai vécu sept ans sur la zone CEI,  entre la Russie et le Kazakhstan.

Qu’est-ce qui a changé ?

Tout a changé ! Même la culture et les mentalités que l’on qualifie généralement « d’invariantes ». Pour le coach interculturel il n’y a rien d’invariant. Le changement est permanent

Je suis particulièrement impressionné par la vitesse à laquelle la Russie a adopté les nouvelles technologies. Cela fait plus de cinq ans que l’on peut téléphoner et surfer en wi-fi dans le métro à Moscou. C’est à peine le cas en France. Le ticket de métro électronique sur téléphone mobile vient de faire son arrivée à Lyon, alors qu’il est disponible depuis plusieurs années en Russie, et pas seulement à Moscou ! La Russie a plusieurs années d’avance sur la France, dans ces domaines liés au numérique. Peu d’investisseurs le savent. C’est un excellent contre-pied aux croyances occidentales, et au risque pays considéré comme élevé en Russie.

Agilité et coaching interculturel

Nous devons nous inspirer de l’agilité de ce pays et de ses équipes à se réinventer. Nous pourrions parler d’une conduite du changement beaucoup plus agile en Russie qu’en France. Pour le coaching interculturel que je suis, l’attitude des russes est modélisante. Cette faculté qu’ils ont à s’adapter aux changements est incroyable.

La transformation des habitudes et des clichés culturels

D’un point de vue culturel, je suis aussi surpris de voir un courant d’adeptes de « vie saine ». C’est-à-dire de clients très exigeants sur leur alimentation et leur santé. La question du déjeuner est souvent réduite à « с газом или без ? » ce qui signifie « plate ou gazeuse ? ». Plus de vodka dans les déjeuners d’affaires. Le cliché a vécu.

Quel est votre métier ?

J’accompagne les entreprises occidentales à réussir à l’international et notamment leur développement en Russie.

Que faites-vous plus précisément ?

  • J’analyse leprojet de mon client, ou les structures locales lorsqu’elles existent. Dans certains cas, il s’agit juste d’effectuer un diagnostic interculturel de leur position sur leur marché russe et des potentiels de développement.
  • Parfois, il s’agit de coaching interculturel : mon client fait évoluer un de ses cadres dirigeants de la Chine vers la Russie. Mon travail consiste à le préparer de la meilleure façon possible. Lui donner les clés de la communication interculturelle pour réussir à travailler avec les Russes.
  • Certains clients me demandent de les accompagner pour rencontrer des partenaires industriels potentiels. Le fait que je travaille seul, et la discrétion qui accompagne ce choix sont un atout. Dans le coaching interculturel et dans le coaching individuel en général la confidentialité des informations et des personnes est de mise.

Le coach interculturel face aux demandes clients

  • Les demandes des clients concernent occasionnellement un audit des risques interculturels. Il y a notamment la volatilité du rouble à prendre en compte. Il faut aussi être extrêmement prudent par rapport à un certain flou dans la législation fiscale. Cela ne date pas d’hier, et arrange dans une certaine mesure l’administration. Dans tous les cas, soyons prudents et conservateurs dans le traitement des données financières, pour éviter les mauvaises surprises.
  • La difficulté à fidéliser les meilleurs collaborateurs, crée un risque important sur les meilleurs talents. Les clauses de non-concurrence sont quasi inefficaces dans un contrat de travail dans la Fédération de Russie. Avec le coaching d’équipe, dans un environnement international, nous pouvons fidéliser les meilleurs.

Quelles solutions pour former au management interculturel ?

  • Je mets en œuvre des formations au management interculturel pour permettre au siège d’un groupe de communiquer plus efficacement avec sa filiale en Russie. Ce type de formation regroupe les équipes occidentales au siège : elles ont besoin de comprendre la Russie. J’ajoute les équipes russes qui ont besoin de découvrir les codes culturels occidentaux.
  • Enfin dans les structures plus développées j’interviens pour former et développer les compétences de leadership de l’équipe locale. Selon les besoins, j’interviens en russe ou en anglais.

En quoi êtes-vous un coach interculturel spécifique ?

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Système de paiement sans contact dans le réseau de bus et trolleybus de Moscou dès 2016
  • J’ai une bonne connaissance de la Russie. Je suis allé de Mourmansk à Sakhaline, en passant par les principales grandes villes russes.
  • Je travaille seul ce qui garantit à mes clients un niveau élevé de confidentialité. Personne ne cherche à savoir ce que je fais, ni avec qui, ni à quelle échéance.
  • J’ai dirigé des équipes en Russie. Je comprends la culture russe. J’ai fait du management interculturel une de mes spécialités. J’utilise principalement les modèles d’Hofstede et d’Erin Meyer.

Comment vous différenciez-vous votre pratique de coach interculturel des autres ?

  • Enfin, j’ai une bonne connaissance du management opérationnel. Il ne s’agit pas juste de donner des conseils. Il s’agit d’abord d’écouter le client, de comprendre son besoin. En soi, c’est déjà un métier. Ensuite, l’accompagner c’est l’aider à réfléchir et à trouver ses propres solutions. Tout cela sans l’influencer par mes propres croyances. De temps en temps, je partage mon point de vue. Je ne fais pas de mon expertise de la Russie l’unique valeur ajoutée, de mes prestations. Au fond, je suis un généraliste.

Quelles sont vos convictions de consultant sur la Russie ?

La mondialisation favorise le développement des échanges internationaux. « Soit, une entreprise l’accepte et s’y adapte, soit elle est vouée à disparaître ». C’est à la fois un lieu commun et en même temps extrêmement vrai. C’est aussi le métier du coach interculturel que de passer ce message aux managers et aux dirigeants. Mais combien d’entreprises s’y préparent réellement ? Investir sur le marché russe avec succès nécessite autre chose qu’une bonne traduction des packagings et des notices utilisateurs de vos produits et services. Il s’agit de penser le projet ou l’implantation en terme organisationnel et humains très en amont.

Je me rappelle cette entreprise française qui avait regroupé la filiale russe avec les autres pays d’Europe centrale, comme la Bulgarie ou la Serbie. Comme si la stratégie de développement était principalement liée à un problème d’alphabet cyrillique ! Le résultat était à la hauteur de l’investissement : très faible. Repositionner le marché russe et le management de l’organisation a été un élément principal de la mission. Dur métier qu’être coach interculturel. Vous découvrez ainsi que les résistances se situent autant chez le client, au siège européen, que dans la filiale de la Fédération de Russie. Ces enjeux souvent humains constituent un sujet parfois sensible. D’où la nécessité d’avoir aussi une « casquette de coach ». Voilà pourquoi le consultant en management interculturel doit avoir une approche systémique de son client.

Coach interculturel pour appréhender les différences France Russie ?

Coach interculturel et coaching interculturel : comment déceler les différences culturelles dans les organisations
File d’attente au guichet central des transports en commun lyonnais TCL, en 2019

La maîtrise des dimensions interculturelles est incontournable dans le management. Et plus particulièrement les différences culturelles France-Russie.

Il y a trois thématiques sur lesquelles il est important de focaliser notre attention.  Elles sont issues du modèle de management interculturel d’Hofstede. Les différences culturelles entre la France et la Russie seront les plus marquées sur :

Revenons au pouvoir et à la hiérarchie. La France et la Russie sont très différentes. L’indice de distance hiérarchique (en anglais, PDI (1), Power Distance Index) d’Hofstede est beaucoup plus élevé en Russie. Un directeur de site me confiait récemment « je leur ai présenté mon plan stratégique pour le développement du site industriel. Ils m’ont tous écouté et ils m’ont remercié poliment. Je n’ai eu aucune remarque constructive ni aucune suggestion d’amélioration. Je suis très inquiet, pourquoi n’ont-ils pas de questions ? » Effectivement avec 20 points d’écart sur l’indice de distance hiérarchique d’Hofstede la France et la Russie ont des styles de management et des approches du pouvoir complètement différentes.

Le modèle de management interculturel d' Hofstede sert de boussole au coach interculturel.
Indice de distance hiérarchique (PDI : Power Distance Index) en Europe et en Russie, selon Hofstede

Un dernier conseil de coach interculturel sur la Russie ?

Oui, ne vous laissez surprendre de rien et rappelez-vous cette phrase de Winston Churchill : « La Russie est un rébus enveloppé de mystère au sein d’une énigme».

Accepter la part de mystère c’est déjà se préparer à réussir en Russie !


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