Le cerveau face au multitâche
S'adonner au multitâche met en réalité le cerveau à rude épreuve. La société moderne pousse à toujours en faire plus, toujours plus vite — mais le cerveau humain, lui, n'est tout simplement pas conçu pour traiter plusieurs tâches complexes en même temps.
Attention et mémoire compromises
La recherche est claire sur ce point : le cerveau est programmé pour se concentrer sur une seule tâche à la fois. En multitâche, il doit sans cesse basculer d'une activité à l'autre, ce qui dégrade mesurablement l'attention et la mémorisation.
Les effets du multitâche sur la productivité
Contrairement à une idée répandue, le multitâche n'améliore pas la productivité — il tend même à la réduire. À force de se réorienter sans cesse d'une activité à l'autre, le cerveau perd en efficacité et en capacité de concentration.
Il est aujourd'hui bien démontré que se consacrer à une seule tâche à la fois permet d'être significativement plus productif. Dans nos formations à la gestion du temps, vous apprendrez concrètement comment accomplir davantage, en moins de temps et avec moins de fatigue.
L'impact du multitâche sur la mémoire
Le multitâche affecte aussi la mémoire. En se dispersant entre plusieurs flux d'information, le cerveau retient moins bien ce qu'il traite — ce qui peut, à terme, nuire à la capacité d'apprentissage et de mémorisation durable.

Mieux vaut donc se concentrer sur une tâche à la fois, pour préserver à la fois son efficience et sa mémoire. Le multitâche relève donc bien davantage du mythe que de la réalité — et il est temps de repenser sa façon de travailler pour gagner en efficacité et en sérénité.
Les idées reçues sur le multitâche : révélation d'une étude de l'Université de Californie
Une étude de l'Université de Californie a mis en lumière plusieurs idées reçues sur le multitâche. Une équipe de recherche en neurosciences cognitives, dirigée par le Dr Clifford Nass, a mené une série d'expériences pour en évaluer l'efficacité réelle.
Les résultats ont surpris jusqu'aux chercheurs eux-mêmes : les personnes convaincues d'être de bons multitâches étaient en réalité moins capables de filtrer les informations inutiles et de passer efficacement d'une tâche à l'autre. Elles se laissaient aussi plus facilement distraire par des stimuli extérieurs.
Comment améliorer son efficacité ?
Plutôt que de s'éparpiller entre plusieurs tâches, mieux vaut se concentrer sur une seule activité à la fois. La méthode Pomodoro, qui consiste à travailler 25 minutes sans interruption avant une courte pause de 2 à 5 minutes, est un bon point de départ pour prendre cette habitude.
Autre réflexe utile : limiter activement les distractions autour de soi. Passer son téléphone en mode silencieux, voire l'éteindre complètement pendant les phases de concentration, fait souvent une différence surprenante.

FAQ
Le multitâche est-il vraiment possible pour le cerveau humain ?
Non, le multitâche tel qu'on l'imagine communément relève largement du mythe. Le cerveau humain, et en particulier le cortex préfrontal, est conçu pour traiter une seule tâche complexe à la fois. Ce que l'on appelle multitâche est en réalité du « switch-tasking » : un passage rapide d'une tâche à une autre, qui sollicite fortement la mémoire et l'attention et finit par dégrader la qualité du travail. Cette sursollicitation cognitive génère aussi du stress, avec un impact réel sur la santé à long terme. Dans un contexte professionnel, il est donc préférable de reconnaître les limites réelles de notre capacité à traiter plusieurs choses en même temps, et de privilégier une approche séquentielle — une tâche après l'autre — pour optimiser à la fois la qualité et l'efficacité du travail.
Le multitâche a-t-il un impact sur l'efficience ?
Oui, le multitâche peut fortement dégrader l'efficience. Les études montrent que la qualité du travail baisse et que le temps nécessaire pour accomplir les tâches augmente. À chaque bascule d'une tâche à l'autre, le cerveau traverse un temps de « relance » durant lequel il doit se réorienter, ce qui ralentit la progression globale et génère un stress supplémentaire, lié notamment à une hausse du cortisol.
Dans ce contexte, le multitasking apparaît souvent comme une illusion plus qu'une compétence. Les idées reçues selon lesquelles certaines personnes — ou certains profils — seraient naturellement plus aptes à gérer plusieurs tâches simultanément restent largement simplistes, voire trompeuses.
Est-ce que certaines personnes sont meilleures en multitâche que d'autres ?
Il existe certes des différences individuelles dans la capacité à gérer plusieurs tâches, mais même les personnes qui se perçoivent comme de bons « multitâcheurs » ne sont pas réellement plus efficaces. Elles sont simplement plus à l'aise avec le switch-tasking, ou ont développé de meilleures stratégies pour absorber les interruptions — ce qui ne signifie pas qu'elles accomplissent davantage avec succès en simultané. Bien au contraire.
Y a-t-il des situations où le multitâche est bénéfique ?
Certaines activités peuvent en effet être combinées sans trop nuire à la performance, notamment lorsqu'elles ne mobilisent pas toutes deux une attention soutenue. Marcher en écoutant un podcast, par exemple, associe une tâche physique automatique à une tâche cognitive, ce qui limite l'interférence. En revanche, dans la plupart des situations d'apprentissage ou de travail exigeant, le multitâche reste déconseillé.
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Cet article a été rédigé par Marc Prager.

