Réduire la complexité dans les organisations
Cette note interne, restée célèbre, s'intitule sobrement « Brevity » (brièveté). Winston Churchill y détaille quatre points essentiels, à commencer par la nécessité de clarifier l'objectif (« aim » dans le texte original). Il y fustige aussi les phrases trop longues et les périphrases pompeuses du type : « Il est aussi important de prendre en compte les considérations suivantes… » — une formule qui, en anglais, donnait « It is important to bear in mind the following considerations ».
Une pensée claire au service de l’efficacité opérationnelle
Pour Churchill, l'enjeu dépassait la seule efficacité opérationnelle. Il concluait que la discipline consistant à exposer l'essentiel de façon concise permet d'accéder à une pensée plus claire — et donc à de meilleures décisions. Il ignorait sans doute, en rédigeant cette brève note en pleine guerre, qu'il anticipait ainsi une difficulté toujours actuelle : la peine qu'ont nombre d'entreprises occidentales à rester concises et à fixer des objectifs réellement clairs, plutôt que de multiplier les priorités.
Comment réduire la complexité dans les organisations ?
La complexité s'est aujourd'hui installée un peu partout dans nos organisations. La bureaucratie, en particulier, reste très marquée dans les entreprises françaises. S'agit-il pour autant d'un phénomène purement culturel, ou d'un choix organisationnel qu'il est possible de corriger ?
Certains spécialistes du management interculturel établissent un lien entre l'indice de distance hiérarchique d'un pays et le degré de bureaucratie de ses organisations. Mais la vraie question, opérationnelle celle-là, porte sur le temps consacré à la prise de décision. Comment le réduire concrètement, sans pour autant sacrifier la qualité de l'analyse ?
Qu'en dit le Professeur Raoult ?
Au sujet de la gestion de crise sanitaire, il évoquait avec ironie les « maniaques de la méthodologie ».
Mais quel est le danger réel derrière cette formule provocatrice ? Difficile de parler de danger à proprement parler — il s'agit plutôt d'un risque pour l'efficience de l'organisation. Comment avancer si chaque initiative, chaque innovation, doit être validée par un nombre toujours croissant de personnes ? Que ce soit pour des contrôleurs de gestion au lancement d'un projet en entreprise, ou pour la recherche médicale en période de crise sanitaire, le temps reste une ressource précieuse. Mieux vaut, chaque fois que possible, éviter de complexifier inutilement les processus de décision.
La note de Churchill
Voici, à titre d'illustration, une note rédigée par Winston Churchill en plein cœur de la Seconde Guerre mondiale. Il y prône la réduction de la complexité dans les organisations et fait l'éloge de la simplicité comme facteur d'efficacité dans le commandement militaire. Aujourd'hui, on rattacherait naturellement cette exigence à la formation des managers au leadership.

Cet article a été rédigé par Marc Prager.
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