Un couronnement historique
Lors de son couronnement, le général décida de prononcer son discours d’investiture en suédois ! Il fait quelques fautes (qui n’en fait pas quand il ne parle pas sa langue maternelle ?)
Comment comprendre cet incident ?
La réaction des courtisans à la cour ? Des rires. Ni une, ni deux, le Roi se vexe.
Hélas, ce n'était pas suffisant pour ce brillant homme ayant gravi tous les échelons.
Que nous apprend le courroux du Roi et comment il aurait réagi différemment s’il n’avait pas été français ?
Imaginez-vous à la place du Roi. Auriez-vous été vexé par les rires des courtisans se moquant de vos fautes d’élocution ? Je peux vous dire que cela dépend surtout de votre culture d’origine ! Pour certaines cultures, à commencer par les Suédois, probablement aucune vexation. En revanche, il n’en est pas de même pour la culture française ! Hofstede va nous aider à percer cette énigme. Regardons la comparaison de l’indice de distance hiérarchique entre la France et la Suède.
Pourquoi croiser ces expériences avec le modèle de management interculturel d’Hofstede ?
Cela permet de relire, à la lumière d’un cadre théorique, des expériences et des questions qui restent vives sur les relations entre personnes de cultures différentes — dans la sphère professionnelle comme dans la vie personnelle.
Et pour mieux comprendre comment fonctionnent des collaborateurs issus de cultures différentes.
Avant d’aller plus loin, regardez l’image ci-dessous : elle illustre cette expérience apprenante de management interculturel vécue dès 1818 — déjà !
Zoom sur l’indice de distance hiérarchique
L’indice de distance hiérarchique de la Suède est de 31 — nettement plus faible que celui de la France, qui culmine à 68.
Traduction ?
Les courtisans suédois se sentent proches de leur Roi, ce qui les autorise à prendre bien plus de libertés avec le protocole que leurs homologues français.
Le Roi, lui, de culture française, perçoit une distance bien plus grande avec ses courtisans. À ses yeux, il n’est donc pas normal qu’ils se permettent de rire de lui.
« Comment osent-ils ? Je suis quand même le Roi… » a-t-il dû se dire !
Transposons maintenant cela dans l’entreprise
En Suède, cela se traduit par des employés qui n’hésitent pas à interpeller leur directeur lorsqu’ils ne sont pas consultés sur des sujets importants.
En France, on y mettrait plus de formes. C’est tout de même le directeur…

Petit rappel : la définition de l’indice de distance hiérarchique
Il mesure le degré d’acceptation, par ceux qui en ont le moins, d’une répartition inégale du pouvoir et des richesses.
Précision importante : il ne s’agit pas de mesurer l’existence des inégalités, ni leur ampleur.
Certaines sociétés sont très inégalitaires, d’autres moins — mais des inégalités subsistent partout, dans chaque société, chaque culture, chaque organisation.
Ce qui varie, en revanche, c’est l’indice de distance hiérarchique lui-même : il traduit la façon dont ces inégalités sont acceptées par ceux qui se trouvent en bas de « l’échelle sociale ».
Le graphique précédent le montrait bien : l’indice de la France dépasse largement celui de la Suède, tout en restant nettement inférieur à celui de la Russie.
Un sujet qui mérite à lui seul un éclairage vidéo sur la Russie et le management interculturel.
En attendant, direction un autre exemple bien français : les privilèges de nos anciens présidents de la République et leur lien avec l’indice de distance hiérarchique.
L’indice de distance hiérarchique, l’un des piliers du modèle de management interculturel créé par Hofstede, reste à mes yeux une référence incontournable en formation des managers — et plus largement pour comprendre les enjeux interculturels.
Cet article a été rédigé par Marc Prager.
À lire aussi




